Mairie de Luisant
Mairie de Luisant

Après des mois de travail sans relâche, une page se tourne et un nouveau chapitre de l'histoire luisantaise s'écrit. Dans quelques jours, les élèves du centre vont effectuer leur première rentrée dans ce nouvel équipement flambant neuf. Tous sont impatients de découvrir l’intérieur de cette bâtisse. Ainsi, le samedi 2 septembre, nous vous invitons à assister à l'inauguration officielle du groupe scolaire Henri Ramolet, en présence de ce dernier, et à participer aux visites organisées à cette occasion.

HENRI RAMOLET, la force de l'Espoir

Le groupe scolaire portera son nom

“Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : si nous voulons le conserver, nous devrons trouver la force pour que derrière ce nom, quelque chose de nous subsiste”, écrivait Primo Lévi dans "Si c’est un homme". De la force, Henri Ramolet en a eu beaucoup.

L'entrée en résistance

A 13 ans, Henri vit à Illiers et découvre le drame qu’est l’invasion allemande : la débâcle de l’Armée, l’Exode, puis l’Occupation. Ces parents militants politiques le prédispose à entrer en résistance en 1941, à Chartres, à seulement 15 ans. Hébergement de résistants chez ses parents, distribution de tracts, vols de tickets de rationnement, de tampons et de papiers dans les mairies pour en créer des faux, sabotage de voies ferrées… Voici quelques-uns des actes de résistance qu’il effectue avec ses copains qu’il a réussi à fédérer. Rien d’exceptionnel selon lui. Juste la défense d’un idéal et d’une Nation, qu’il va poursuivre jusqu’en 1944. Son plus grand fait d’armes ?
Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1943, il va chercher deux Résistants, dont son chef Maurice Rocquet alias commandant Jacques, internés au camp de Voves et les abritent dans la maison de ses parents.

Condamné à mort

Alors que les Forces alliées débarquent en Normandie le 6 juin 1944, commence la lente descente aux Enfers d’Henri Ramolet. Le 5 juillet, il est arrêté avec onze de ses amis sur dénonciation. Ils sont condamnés à mort. L’arrivée des Américains les sauvera provisoirement : ils sont transférés à la prison du Cherche-Midi à Paris puis emmenés, le 15 août, à la gare de Pantin dans le convoi N°432 composé de 665 femmes et 1650 hommes. Obligé à voyager nu, Henri Ramolet voit la folie s’installer dans le regard de certains de ses compagnons d’infortune et les premiers morts liés aux conditions de transport. Le 21 août, les 665 femmes sont envoyées dans le camp de Ravensbrück. Seules 17 femmes seront libérées un an plus tard.

Déporté à Buchenwald

Des pendus attendent Henri Ramolet à son arrivée au camp de Buchenwald. Il devient un numéro de matricule, habillé comme tous les autres détenus d'un pantalon rayé, et d'une veste assortie qu’il possède encore. S’ensuivent trois mois de travail à la carrière où il porte toute la journée des pierres. Durant cette période, il dort à la belle étoile après des journées commencées à l’aube et terminées à l’aurore, ponctuées d’appels incessants afin de contrôler la présence de l’ensemble des internés. Certains soirs, les Nazis faisaient l’appel durant 4 heures, temps durant lequel les hommes devaient rester debout, en rang. Objectif : lutter contre les poux et prévenir les épidémies.

Une pleurésie salvatrice

Le 4 novembre 1944, il est opéré d’une pleurésie purulente à l’infirmerie, sans anesthésie. Cette pleurésie aurait dû le tuer mais elle va le sauver en lui permettant de passer l’hiver au chaud dans un baraquement. A quelques dizaines de mètres, des centaines d’hommes morts sont empilées à même le sol et à la vue de tous avant d’être envoyés au four crématoire dont la fumée enveloppe quotidiennement le camp.

Une libération miraculeuse

Le 7 avril 1945, la rumeur annonce l’arrivée des Alliés et la libération du camp. Mais le 8 avril à 11 heures, les Nazis décident du transfert d’Henri qui est accompagné de près de 20 000 autres prisonniers. Ils prennent le train à Weimar. Ils auront le droit à une ration de pain en cinq jours de voyage. Le 13 avril, ils descendent du train pour une marche de deux jours devant les mener au camp de Flossenbürg. Henri est alors victime d’une épidémie de dysenterie et, sur le conseil d’autres internés, mange du charbon pour calmer ses douleurs. Le 19 avril, il part dans ce que l’on appellera par la suite « Les marches de la Mort ». Il fait partie des 15 000 prisonniers, répartis en 4 convois, qui auront pour ordre de marcher jusqu’à épuisement. En cas de faiblesse d’un interné, les Nazis procédaient à une exécution sur place. C’est ce qui arrive au meilleur ami d’Henri, le 20 avril, alors que celui-ci le tenait dans ses bras, à bout de force. Le 22 avril, les Alliés les rattrapent. Des 15 000 prisonniers, seuls 4000 survécurent à ces marches forcées.

1m82, 36 kilos

A son retour à Chartres, il pèse 36 kilos pour 1m82. Ses parents ne le reconnaissent pas à son arrivée et le médecin de famille ne lui donne que quelques semaines à vivre.
Finalement Henri épousera Monique le 16 février 1952 et la vie continuera. De leur union naîtra Philippe. Il est Chevalier de la Légion d’honneur, décoré de la Croix de guerre avec palme et de la médaille militaire.

Découvrez l'histoire d'Henri Ramolet

La municipalité a réalisé une série de vidéos d'Henri Ramolet où il raconte son histoire. Vous pourrez découvrir cette série dès la rentrée de septembre, sur le site internet et la page facebook de la ville.